🇪🇸 Jour 70 : Irún > Ormáiztegui

64,25 km (Total : 5 239,80 km)

707 m D+ (Total : 32 066 m)

Après le Pays basque français, place à la partie espagnole. Comme je l’ai déjà dit, j’appréhende un peu la traversée de l’Espagne, en raison des inévitables dénivelés. Pour aujourd’hui, il y a deux cols au menu, suivis d’une montée lente mais continue sur près de 35 kilomètres.

Je franchis le premier col au prix de quelques efforts, mais c’est moins pénible que ce que je craignais. Le second est moins facile, sans doute en raison de l’effet de répétition. Quant à la montée continue, elle ne présente aucun problème, elle est suffisamment douce.

Le changement de paysage est assez flagrant par rapport à la France, en particulier à cause des maisons : elles sont ici assez massives, au toit très lourd et aux murs bien épais, comme souvent en régions montagneuses. À ma grande surprise, une large part de mon parcours se fait sur pistes cyclables, plutôt en bon état. J’imagine qu’il s’agit d’un itinéraire balisé destiné principalement aux pèlerins se rendant à Santiago de Compostela, ce qui m’est confirmé un peu par hasard par une dame que je croise et qui me lance « ¡ buen camino ! ». J’entendrai cette interjection de nombreuses fois par la suite.

Le soir, c’est assez tard que j’arrive à Ormaiztegi (en espagnol : Ormáiztegui) au gîte que j’ai choisi : la Casa Rural Etxaluze. Avant même de frapper à la porte, je suis salué sur le trottoir par une jeune dame accompagnée d’une dizaine de petits enfants, auxquels elle décide d’apprendre quelques mots d’anglais en mon honneur. J’ai donc droit à une dizaine de « good evening » phonétiques enfantins tout mignons. Je n’ose pas décevoir ce petit groupe en parlant en français, je remercie donc la ribambelle en anglais.

La dame du gîte semble quant à elle embarrassée par la taille de mon vélo et de sa remorque auxquels elle ne peut pas offrir d’abri extérieur, mais elle trouve vite une solution : elle démonte une protection contre la pluie qui empêchait l’ouverture d’une grande porte double de sa maison, et je peux ainsi déposer mon équipage complet au beau milieu de son salon pourtant déjà bien encombré.

Cette maison est visiblement très ancienne : pas un mur n’est droit, aucun sol des étages n’est plat, et il n’y a pas une seule porte d’équerre. Mais les nombreuses boiseries et les meubles anciens confèrent à l’ensemble un charme réel.

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