45,99 km (Total : 5 285,79 km)
786 m D+ (Total : 32 852 m)
L’étape du jour devrait être l’une des plus courtes de tout le périple car le dénivelé qui s’annonce est important, en particulier à la fin : le gîte Aterbe où je prévois de dormir ce soir est en effet tout en haut (ou presque) d’un col au très fort pourcentage : 15% sur un kilomètre et demi. Et quand je dis « ou presque », c’est parce qu’il y aura encore quelques centaines de mètres après, qui constitueront le début de mon étape du lendemain. Mais à chaque jour suffit sa peine… Je démarre en douceur, dans la vallée de Zumarraga où je croise un logo bien connu des Marchinois (Marchin est le village où je vis) : celui d’ArcelorMittal. Les côtes deviennent ensuite de plus en plus généreuses, mais ça reste relativement facile. Je franchis ainsi le premier col sans trop de difficulté, je me rends compte que j’ai beaucoup plus de force qu’au tout début du voyage.
En raison d’une soudaine fringale, je décide de faire un tout petit détour à Antzuola : j’espère en effet trouver de quoi prendre un café, accompagné si possible d’une petite collation.
J’arrive ainsi dans un bar, où je suis immédiatement – mais gentiment – assailli par un jeune homme fan de cyclisme et de Belgique. Il me montre des photos de l’Atomium qu’il a prises quelques jours plus tôt alors qu’il était en Belgique pour les championnats du monde de cyclisme.
Au moment de régler mon addition, le patron du café me dit que c’est déjà payé : le jeune homme a en effet décidé de m’offrir le petit en-cas que j’avais choisi : une portion de tortilla aux pommes de terre et au paprika.
Dans l’enthousiasme du moment, JoaquĂn, le patron du bar, dĂ©cide Ă son tour de m’offrir une part de gâteau « maison » et un cafĂ©, puis de faire quelques photos.
Je quitte ensuite la terrasse, sous les encouragements de quelques ouvriers qui étaient venus s’y installer et qui ont sans doute cru que j’étais une vedette quelconque, étant donné l’étonnant engouement dont j’ai été l’objet pendant quelques minutes.
En fin de parcours, je commence à prendre la mesure du défi qui m’attend avant d’arriver au gîte à Leintz-Gatzaga (en espagnol : Salinas de Léniz)… Mais le pourcentage est tellement fort que la montée à vélo est impossible ! Je parcours donc les 1 500 derniers mètres en poussant/tirant le vélo et sa remorque.
Je suis dépassé à un moment par un homme souriant au volant d’un petit utilitaire, qui me dit « I am the man of the house ». Quelques minutes plus tard, c’est au tour d’un petit autobus de me dépasser ; le chauffeur me propose gentiment d’embarquer à bord, mais c’est évidemment impossible.
J’arrive enfin au gîte où je reconnais « the man of the house », accompagné d’un ami qui semble éberlué par ce qu’il voit : un gars hilare (la fatigue sans doute) avec un casque à la Daft Punk qui pousse à pied un vélo d’une tonne tout en haut d’un col interminable…
Mon hôte est typiquement ce qu’on appelle un « mec cool ». Rien ne semble le stresser, et il a l’air de vouloir rigoler tout le temps, ce qui m’amuse beaucoup. Vu que je suis le seul client du jour, il me laisse même les clés de tout son établissement, puis s’en va bien calmement en s’assurant d’abord que je ne manquerai de rien. Cool, et bien sympa.

























