🇫🇮 Jour 9 : Muonio > Kolari

91,60 km (Total : 653,34 km)

565 m D+ (Total : 5 509 m)

Au beau milieu de la nuit, je suis réveillé par des bruits tout près de ma tente : de toute évidence, il y a du mouvement. Je prends mon courage à deux mains et décide d’aller voir. Je m’habille en vitesse mais assez sommairement puis ouvre rapidement les deux fermetures éclair de la tente, ce qui produit un bruit qui a pour effet d’effrayer un peu mes visiteurs : deux rennes qui passaient par là sans la moindre discrétion. J’en suis quitte pour une petite frayeur…

Au « vrai » réveil, le temps s’est dégradé : je démarre donc dans une relative fraîcheur. Qui s’accentue assez rapidement puisqu’à la première occasion, je dois m’arrêter pour enfiler mon surpantalon et mes gants Gore-Tex.

Après quelques kilomètres, je vois un panneau indiquant qu’on sert du café, quelle aubaine ! Je fais donc un petit détour de 800 mètres pour finalement me retrouver devant un établissement fermé… Mais une très gentille dame qui était occupée à préparer l’ouverture prévue un peu plus tard m’offre, à défaut de café, deux délicieuses pâtisseries à base de pommes.

Quelques kilomètres plus loin, je décide de m’arrêter dans une zone de pique-nique afin d’y faire mon café moi-même. Il y a beaucoup de visiteurs, la plupart sont des randonneurs en famille. Plusieurs d’entre eux, intrigués par mon vélo, me posent quelques questions sur mon voyage. Les kilomètres s’enchaînent ensuite dans un froid relatif, en traversant de nombreuses forêts de conifères.

Arrivé dans la ville d’Äkäslompolo, j’aperçois un restaurant, où je pense d’abord demander uniquement s’il serait possible de remplir mes gourdes, mais finalement, je m’attable et commande un peu au hasard un lapin leipäjuusto, qui s’avère être absolument fantastique : c’est du fromage finlandais cuit dans un petit caquelon en fonte très chaud, sur lequel on a versé de la glace vanille, un peu de crème de lait et de la confiture de plaquebière, un petit fruit des régions du nord. C’est donc bien ragaillardi que je reprends la route.

À une vingtaine de kilomètres de Kolari, un chantier impose une déviation d’une dizaine de kilomètres en empruntant une piste de terre rocailleuse : l’étape sera donc plus longue — et moins confortable — que prévu !

Pour la nuit, je m’arrête à un premier camping, où on me fait clairement comprendre que je ne suis pas le bienvenu, alors que les places abondent. En allant lire les commentaires à propos de cet endroit, je constate que les avis sont unanimes : ce camping est tenu par un couple de vieux racistes. Une quinzaine de kilomètres plus loin, je vois un nouveau panneau annonçant un camping, mais la dame m’explique qu’il n’est pas permis d’y installer des tentes, et elle en a l’air sincèrement désolée : le « camping » consiste en réalité en une suite de cinq ou six chalets destinés, en hiver surtout, aux consommateurs de son restaurant, le Kolarin Burger & majat. Elle me propose fort opportunément un petit chalet, ce que j’accepte, l’heure étant déjà bien avancée et mes chances de trouver autre chose quasi nulles. Et tant que j’y suis, je décide de goûter un de ses plats (je choisis complètement au hasard le lihapullat muusilla : il s’agit de boulettes de viande accompagnées de purée et d’une salade de cornichons en dés) : c’est réellement délicieux, pour un prix dérisoire.

Contrairement à ma rencontre précédente, ce sont des gens gentils et bienveillants. Et très organisés, aussi : son mari profite du moment du repas pour préparer à son aise le chalet qui va m’accueillir pour la nuit, tout en dégageant une place à l’arrière pour que je puisse y laisser mon vélo et ma remorque à l’abri des regards.

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