🇪🇸 Jour 73 : Pancorbo > Villalonquéjar

80,25 km (Total : 5 442,74 km)

699 m D+ (Total : 34 303 m)

Le parcours commence plutôt bien : c’est une longue ligne droite, sans dénivelé et quasiment sans trafic, qui longe une nationale d’où j’aperçois assez rapidement la silhouette caractéristique d’un taureau géant Osborne. Ce symbole est tellement fort que je fais un petit détour par les champs pour y prendre quelques photos.

Après cette petite séance, voilà que le vent se lève, au point de faire chuter mon vélo ! Pas de chance, il n’est pas prévu que le vent tombe avant la nuit, je vais donc devoir m’en accommoder.

La distance du jour est assez semblable à celle des autres jours mais le vent rend tout particulièrement pénible. De tous les éléments perturbateurs (pluie, trafic, côtes…), c’est clairement celui que je déteste le plus. Je n’ai donc que très peu d’occasions de profiter des paysages que je traverse, tellement je dois être attentif à garder le cap face aux rafales.

Pour couronner le tout, je ne trouve aucun bar, restaurant ou magasin le long du parcours. C’est donc sur un banc dans un tout petit village (Rublacedo de Arriba) que je mange en vitesse deux conserves à base de pois chiches… Heureusement, mon humeur un peu maussade change assez rapidement pour trois raisons : d’abord je suis rassasié (j’adore les pois chiches). Ensuite je croise quelques chatons (oui je sais, il m’en faut peu), puis enfin un vieux monsieur à vélo s’arrête à ma hauteur pour me demander simplement si tout va bien et si j’ai besoin de quelque chose…

Je reprends donc la route qui me mènera sous les bourrasques à Villalonquéjar pour y trouver l’hostal que j’ai réservé et qui sera – je l’espère – plus agréable que celui de la veille. Au moment où j’arrive à La Buena Villa, et avant même que j’aie pu dire quelque chose, un monsieur m’ouvre en grand les deux portes du café pour que je puisse le traverser avec mon équipage afin de l’y déposer dans une grande pièce qui sert à la fois de bureau et d’entrepôt. Les clients un peu éberlués ne sachant trop que faire me saluent, comme si j’étais une sorte de vedette : c’est sans doute l’impression que je donne vu la théâtralisation improvisée de mon arrivée sur les lieux…

Une fois le vélo installé, le monsieur (qui se révèle être le patron) me réclame six euros pour le parking. Le prix a beau être correct, je pense qu’il eût été plus courtois de m’avertir avant, mais passons…

Malheureusement, comme hier, la chambre est assez pitoyable (stores dégoûtants et/ou cassés, mobilier bancal, odeur tenace de cigarette…) mais heureusement ici aussi les draps sont bien propres et le lit, confortable. J’espère cependant que les hébergements à venir ne seront pas tous du même acabit…

Vers 21 heures, je décide de manger sur place. Le patron a disparu, et je constate qu’il y a à présent pas mal de monde dans toutes les pièces de l’établissement, des habitués surtout. Le plus étonnant est que les commandes et le service au bar, en terrasse, à la réception de l’hôtel et à table ne sont assurés que par une seule personne : un jeune homme d’une vingtaine d’années tout au plus qui semble très à l’aise dans cet exercice difficile puisqu’il mène tout de front rapidement et efficacement, sans négliger personne.

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