58,51 km (Total : 5 501,25 km)
411 m D+ (Total : 34 714 m)
Mon itinéraire du jour longe un camino, un de ces chemins qui mènent les pèlerins (croyants ou non) à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il le longe de tellement près que je décide de l’emprunter au lieu des routes asphaltées. Je ne le regrette pas, car la route est splendide. J’y croise (ou plutôt je dépasse) de très nombreux marcheurs, qui me lancent un « ¡ hola ! » ou un « ¡ buen camino ! » alors qu’ils ne sont visiblement pas Espagnols, ou qui tirent généreusement la gueule sans rien dire tant l’effort qu’ils fournissent semble avoir été sous-estimé.
Les signes du camino sont partout : les représentations de la cruz espada (Croix de Saint-Jacques) mais surtout de la concha de vieira ou concha del peregrino (coquille) se succèdent ainsi à raison d’une dizaine par kilomètre, sur des petits panneaux mais aussi sur le sol, les murs et parfois même les arbres…
En raison des pluies importantes de la nuit, certaines portions du chemin sont très difficiles : la boue mêlée au gravier s’agglutine sous mes garde-boues, et mes sacoches comme ma remorque deviennent vite assez crasseuses… Après une montée assez pénible sur des pierres qui roulent sous mes roues, je décide de reprendre un itinéraire plus adapté. Me revoici donc sur des routes « en dur » mais toujours avec mon équipage bien dégueulasse… Par chance, à Boadilla del Camino, je tombe sur une petite fontaine qui me permet de nettoyer mon vélo avant d’arriver à Población de Campos. Ça me paraît la moindre des choses sachant que mon hôte du soir s’est engagé à lui trouver une place couverte en sécurité. Les derniers kilomètres qui me séparent de l’hostal Amanecer en Campos se font à nouveau sur un chemin de gravillons, mais sec. Il est plutôt joli car il longe le Canal de Castilla, avec son énorme réseau d’irrigation qui remonte en grande partie au XVIIIe siècle. Les écluses de Frómista, qui marquent la fin de ce chemin sont d’ailleurs tout bonnement magnifiques.
J’arrive donc à mon hostal avec un peu d’appréhension, refroidi par l’expérience des deux nuits précédentes. Mais fort heureusement, il n’y a pas de comparaison : l’accueil est chaleureux, les installations modernes sont d’une propreté irréprochable, et il est même possible d’y manger sans réservation. Le couple de propriétaires ne parlant que l’espagnol, je m’aperçois qu’après seulement quelques jours, j’arrive à tenir une conversation certes basique, mais compréhensible.




































