78,42 km (Total : 1 054,82 km)
503 m D+ (Total : 7 787 m)
Alors que le lac devant lequel je suis installé grouillait d’oies de différentes espèces hier soir, ce matin il n’y en a pas une seule. Au fur et à mesure de l’avancement de la matinée, elles reviennent cependant petit à petit, par groupes de différentes tailles.
Au début du parcours du jour, je passe devant un arrêt de bus derrière lequel se trouve un vélo. Ce n’est pas la première fois que je vois ça, j’imagine que c’est un confort que s’offrent certains usagers dont le domicile se trouverait trop loin de l’arrêt où le bus les dépose.
Mon itinéraire m’amène assez rapidement sur une large route en terre et gravillons, mais je commence à en avoir l’habitude. Tant qu’il n’y a pas de cailloux de trop grande taille, ça passe. Et là ça passe même agréablement : pas une seule voiture sur des kilomètres, la seule rencontre sur le chemin est celle d’un lièvre pas plus effrayé que ça de m’apercevoir.
J’arrive bientôt devant deux ou trois maisons en bois, un peu de guingois comme je les aime. Puis d’autres apparaissent ensuite, toutes d’un charme fou. Il s’agit en fait d’un véritable village, qui porte le nom de Öjeby Kyrkstad. C’est visiblement la « vieille ville » d’une autre plus moderne : Öjebyn. C’est là que je prends mon repas de midi, avant de repartir sur les routes, ou plus exactement les pistes cyclables. Elles vont en effet se succéder pendant des kilomètres. La présence d’un pont haubané sur une de ces pistes a de quoi étonner, mais ça en dit long sur l’importance que la Suède accorde au vélo et à ses usagers : les infrastructures destinées aux cyclistes bénéficient visiblement de budgets et d’investissements sérieux.
Quelques kilomètres encore, et je franchis le cap symbolique des 1 000 premiers kilomètres.
À un carrefour, je suis attiré par un joli loppis (petite boutique de type brocante) qui arbore curieusement un panneau faisant la publicité de crème glacée. Je m’y arrête, et une très gentille dame me dit qu’en complément de sa boutique de vêtements de seconde main, elle a installé dans son propre jardin une petite terrasse pour les gens de passage, où il est possible de prendre un café tout en dégustant une pâtisserie. Ce que je ne prive pas de faire, tant l’endroit est charmant.
Petite parenthèse : en temps normal, je mange très rarement des pâtisseries et autres sucreries, mais depuis que je suis sur les routes dans ces conditions inédites pour mon métabolisme, je m’en régale et j’en redemande.
À quelques kilomètres de la fin prévue, j’aperçois quelqu’un qui me fait des grands signes : c’est un jeune cycliste voyageur, accompagné de deux jeunes filles au vélo bien chargé caractéristique des cyclovoyageurs. Il est Allemand, elles sont Finlandaises et viennent juste de se rencontrer, tous trois ont envie de sympathiser entre eux mais aussi avec moi. Ils m’expliquent que le genre d’endroit où nous nous trouvons en ce moment (un abri en bois) est typique de la Suède et de son accueil des voyageurs. Je le savais déjà mais je n’en dis rien. Ce qui est nouveau pour moi en revanche, c’est que certaines de ces zones d’accueil, comme celle-ci, sont parfois équipées d’un robinet d’eau potable. J’en profite pour faire le plein de mes gourdes, puis reprends ma route après avoir pris congé de mes sympathiques hôtes.
J’arrive enfin dans la petite ville de Byske, où je décide de m’installer dans un camping (le Byske Havsbad), ce sera l’occasion de prendre une bonne douche chaude et de faire un peu de lessive et de vaisselle vu qu’il n’est pas si tard.

























