Cette toute première étape s’est révélée plus dure que ce que j’avais imaginé : il a d’abord fallu me réhabituer à la conduite particulière d’un vélo très lourd (c’est un TX-400 en acier de la marque allemande VSF Fahrradmanufaktur, qui pèse déjà 16 kilos à vide) avec une remorque, deux sacoches à l’avant, deux autres à l’arrière, une cinquième au guidon, plus quelques éléments supplémentaires fixés sur le cadre et sur le porte-bagages, pour un total que je vous laisserai découvrir en toute fin de ce blog (comme je l’ai moi-même découvert en fin de voyage puisque je n’ai même pas pris la peine de peser quoi que ce soit avant le départ).
Au Cap Nord en été, le climat peut être très variable, y compris dans la même journée. Les pluies diluviennes de la veille n’annonçaient rien de bien réjouissant pour le grand départ. Par chance, la pluie a cessé au moment de prendre la route, mais le vent était assez fort, et il l’est resté pendant plusieurs jours… J’ai donc dû m’adapter le plus rapidement possible : les rafales de vent demandent en effet des efforts considérables pour maintenir le vélo en équilibre. Il m’a d’ailleurs fallu plus d’une fois descendre de vélo et marcher, même en descente.
Mais les paysages que je découvre sont absolument fantastiques ! Pas un arbre à l’horizon, juste des étendues arides où vagabondent quelques rennes, des chutes d’eau impressionnantes, la côte très découpée, et de nombreux arcs-en-ciel vu le climat très changeant.
Beaucoup d’automobilistes m’adressent des signes amicaux, certains me photographient voire s’arrêtent carrément juste pour faire un brin de causette, en anglais la plupart du temps, mais aussi en italien. C’est plutôt inattendu, mais toujours sympa.
« Le » point difficile du parcours de cette première journée, c’est la traversée du tunnel de 6,8 kilomètres entre l’île et le continent : d’abord 3 kilomètres en descente à 10% suivis de 800 mètres de plat, puis 3 kilomètres de remontée quasiment aussi raide que la descente (9%). Il n’y a aucune infrastructure destinée aux cyclistes, mais tous les conducteurs ont un comportement plutôt respectueux des usagers faibles.
Et dans ce tunnel, un autre souci se pose : à chaque dépassement, c’est une vraie épreuve pour les oreilles ! Le bruit des véhicules couplé à celui des énormes ventilateurs d’extraction est en effet particulièrement assourdissant.
Pour la première nuit, le bivouac n’est pas envisageable : trop de vent et de pluie, et aucune possibilité de trouver une zone à l’abri des éléments ou des regards des automobilistes de passage. J’ai heureusement la chance de dénicher une caravane résidentielle en location dans un overnatting (« hébergement » en norvégien) : le Repvåg Overnatting Nordkapp, devenu depuis North Cape Accomodation.
Je ne le saurai que bien plus tard, mais le dénivelé du jour sera le deuxième en importance de tout le voyage : une fameuse entrée en matière !






















